Yohann, kitesurfeur à Saint-Pierre-et-Miquelon

Je rencontre Yohann sur la plage de Savoyard, à côté du Diamant, au sud de Saint-Pierre. Il attend le vent, avec son ami Michel. Ils sont quelques-uns comme lui, à Saint-Pierre-et-Miquelon, à espérer que le vent se lève : ce sont les amateurs de kitesurf.

Yohann fait partie des premiers à s'être lancés dans la discipline. Il découvre le kitesurf en 2001, lors d'un voyage en Australie, et décide d'en ramener un sur son archipel de Saint-Pierre-et-Miquelon.

Complètement novice, avec du matériel encore très basique, Yohann se retrouve rapidement à l'hôpital. Il abandonne pendant quelques années avant de s'y remettre il y a 6 ans. Il m'explique que le matériel actuel est beaucoup plus performant, permettant de peaufiner certains réglages ainsi que d'affiner la tension de la voile.

La mer est son univers

Il installe sa voile, attache son harnais, et attend le coup de vent. Son ami Michel est en face, il maintient la voile en position. Tous les deux se présentent comme "voileux". Ils ont chacun leur bateau mais le kite c'était une évidence pour eux afin de prolonger le plaisir.

Yohann passe sa vie dans l'eau : il est scaphandrier. Comme de nombreux enfants de l'île de Saint-Pierre, la mer est son univers !

Le vent s'engouffre dans la voile qui se dresse à la verticale. Planche à la main, Yohann s'avance vers l'eau de l'étang de Savoyard. Si les meilleurs spots sont, selon lui, sur l'île de Miquelon (certains amateurs de kite s'y rendent d'ailleurs tous les week-ends, exprès), la plage du Diamant est le lieu le plus intéressant de Saint-Pierre. Il est facile de s'y garer, juste à côté de l'eau, sans devoir porter longtemps le matériel. En fond, les maisons de Savoyard se détachent sur l'horizon.

Une lagune et des reliefs montagneux

Le Diamant est une presqu'île, reliée à Saint-Pierre par deux isthmes qui ferment la lagune. Savoyard est un nouveau quartier de Saint-Pierre, à quelques minutes de la ville, où les constructions, plus récentes, restent dans le style typique local : du bois et de la couleur !

Yohann marche quelques mètres dans l'eau, gardant un oeil sur sa voile. Voici le moment crucial : se hisser sur la planche au bon moment pour filer, porté par le vent.

Les reliefs montagneux de Saint-Pierre et du Diamant permettent au vent de s'engouffrer, comme dans un couloir. Mais il est capricieux : tous les vents ne se "kitent" pas. Yohann me parle de Noirois, de Surois et autres Nordet.

Du printemps au début de l'automne

Alors pour augmenter leurs chances, Yohan et son ami viennent ici presque tous les jours, entre le printemps et le début de l'automne. L'hiver venu, l'étang de Savoyard se couvrira de glace, devenant alors le royaume des patineurs.

Ca y est, ça souffle ! Yohann s'élance. Le mouvement est rapide, précis. Il tire la voile, pose un pied, deux pieds, et file pendant quelques mètres avant que la voile ne retombe dans l'eau, sous les rires de Michel. Ce dernier, arrivé plus tôt, avait déjà essuyé quelques échecs. Aujourd'hui, le vent ne souffle pas assez. Ils auront certainement plus de chance demain.

S'il n'y a aucune association de kitesurfeurs à Saint-Pierre-et-Miquelon, il y a toutefois un bon groupe de passionnés, soudés, toujours prêts à s'entraider. Ils sont moins d'une dizaine et se connaissent tous, bien sûr.

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