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Le savon de Marseille entre au musée

Le véritable savon de Marseille contient au minimum 72% d'huile végétale.

Un musée consacré au savon de Marseille vient d’être inauguré en plein centre de la cité phocéenne. Le MuSaMa retrace l’histoire de ce produit incontournable de la culture provençale qui n’a pas fini de faire parler de lui… Un autre musée dédié s’apprête à ouvrir.

A l’initiative de Jean-Baptiste et Coralie Jaussaud, le MuSaMa (pour Musée du Savon de Marseille) a ouvert ses portes dans la plus vieille rue de la ville, à quelques encablures du Vieux Port. Entrepreneurs dynamiques à la tête de la Grande Savonnerie, ils ont voulu donner un écrin à ce "petit cube emblématique". Jean-Baptiste, né à Marseille, licencié en droit et énarque, est aussi président du Conservatoire national du savon de Marseille.

Se glisser dans la peau d'un savonnier

Sur 413 m² et 4 salles, le musée se veut ludique et permet en 20 minutes de se glisser dans la peau d’un savonnier. Il retrace l’histoire et le processus de fabrication, via une vidéo, des documents inédits tels que les premières affiches publicitaires, et des objets du patrimoine, comme une coupeuse de savon, ou une cuisine typique du 19e siècle. Le contenu est traduit en 8 langues via une appli. Les expositions temporaires seront plus axées sur les nouvelles technologies avec des casques de réalité virtuelle.

L’historien Patrick Boulanger, auteur de la muséographie du MuSaMa, nous rappelle les grandes dates de l’épopée du savon : "Dès le 13e siècle, Marseille abrite des petits ateliers de saponification à chaud, à base d’huiles de Provence mélangées à des soudes extraites de plantes brûlées. En 1688, Louis XIV en réglemente la fabrication, avec des huiles d’olives pures, sans autre corps gras. Les savonniers les font venir de Crète et d’Italie."

Au moins 72% d’huile végétale

Petit à petit, les huiles d’olive sont remplacées par des huiles de colza, de pavot, ou de sésame. Vers 1825, les savonniers adoptent les soudes artificielles, puis la soude à l’ammoniaque de Solvay. Enfin, en 1906, le chimiste François Merklen fixe le pourcentage d’huile végétale à 72%, complété par de la soude et de l’eau.

"Aujourd'hui, trois savonneries traditionnelles subsistent à Marseille".

Ce mélange précis est toujours en vigueur, et c’est avec un maître savonnier que le visiteur du musée peut fabriquer son authentique savon sur place.

"Aujourd’hui, seulement trois savonneries traditionnelles subsistent à Marseille, qui utilisent la cuisson en chaudrons : Le Sérail, Fer à Cheval et la Corvette", précise l'historien.

La Savonnerie du Midi, créatrice de la marque La Corvette, a elle aussi décidé de consacrer un musée au célèbre petit cube marseillais. Son ouverture dans son usine située en plein cœur du quartier des Aygalades, dans le 15e arrondissement de Marseille, est prévue d’ici l’été 2018.

Au programme, un parcours de visite pour mettre en avant le processus de fabrication et des espaces d’expositions qui permettront d’admirer l’une des plus riches collections privées de Savons de Marseille : celle de Vittorio et Josette Quittard, deux Marseillais passionnés depuis 20 ans par l’histoire de ce savon.

Gare aux contrefaçons

De couleur verte pour les soins corporels, et beige (une couleur due à l’huile de coprah) pour le linge, le savon de Marseille est aussi écologique qu’économique ! Il est toutefois très concurrencé par des produits de synthèse. Il faut se montrer prudent car en l’absence de label protégé, 95% des savons vendus dans le monde avec la mention "de Marseille" sont fabriqués en Chine ou en Turquie... Une raison de plus pour venir à Marseille découvrir la version authentique !

Se rendre au MuSaMa, à Marseille 

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