Dans les Alpes, "les sports d'hiver ne tournent pas uniquement autour de la glisse"

Institution iconique des Alpes depuis les années 1980, le concept de La Folie Douce a commencé avec un restaurant à Val d'Isère ouvert en 1981. C'est aujourd'hui le rendez-vous incontournable des amateurs de fête dans toutes les Alpes. De Val d'Isère à Chamonix, en passant par Courchevel, Val Thorens, Morzine ou Méribel, toutes les générations se retrouvent à La Folie Douce pour partager un moment de convivialité et de fête après une journée de ski ! Rencontre avec Luc Reversade, fondateur de cette institution incontournable lors de votre séjour dans les Alpes !

Vous devez avoir usé beaucoup de forfaits de ski ?

Luc Reversade : Moi ? Pas de forfaits de ski ! Je monte en peau de phoque tous les matins, ça m’entretient ! Vous savez, quand on passe la barre des 70...

Avez-vous encore la folie douce ?

L.R. : Oh oui, mais avec un peu plus de sagesse. Mais surtout, je l’imagine… ! J’imagine la fête en 2030. Aujourd’hui les clients de la Folie Douce c’est vous, des jeunes de 17/18 ans, et des anciens jeunes qui ont aujourd’hui 30, 40, 50 ans et qui nous suivent toujours. Ils y amènent même leurs enfants ! Le plus dur c’est de perdurer. C’est facile d’être à la mode deux ou trois ans, mais de perdurer...

Qui est la personne la plus déjantée de la Folie Douce pour vous ?

L.R. : Dans l’histoire de la Folie Douce, c’est Kely Starlight (rires) très déjanté à l’époque ! On a toujours laissé les artistes évoluer dans leur créativité et leur folie, des compositions musicales au cabaret, en passant par les créations couturières. S’ils sont là c’est qu’ils ont en eux l’ADN Folie Douce.

Avez-vous l’impression que les gens font la fête avec autant de joie de vivre depuis les trois dernières années, ou est-ce une folie douce amère ?

L.R. : Non, non, au contraire ! Pour les vacanciers comme pour les saisonniers, la Folie Douce est le rendez-vous annuel pour ceux qui veulent retrouver une expérience festive hors du commun au sommet des montagnes. Sans oublier que la Folie Douce c’est avant tout 80% d’étrangers : les Suédois, les Norvégiens, les Hollandais, les Anglais, les Turques… c’est la fête tout le temps !

Est-ce que vous voyez la Folie Douce s’étendre à l’international dans les dix prochaines années ?

L.R. : C’est incontestable, notre concept de clubbing en altitude est très sollicité dans toutes les stations du monde, les stations américaines, australiennes, autrichiennes... Maintenant, qu’on ait envie de s’y implanter ne fait pour l’instant pas partie de nos objectifs.

C’est important pour nous de continuer à faire danser notre clientèle locale et internationale dans nos montagnes alpines. Leur rappeler que les vacances de sport d’hiver ne tournent pas uniquement autour de la glisse et de la compétition, qu’il peut également s’agir de se réunir dans un lieu de fête dans un des plus beaux cadres qui existent. Vivre une expérience au-delà de ce qu’ils connaissent déjà.

Faire découvrir cette liberté aux foliedouciens faisait-il partie de votre plan initial ? Ou est-ce quelque-chose que vous avez découvert en le réalisant ?

L.R. : Oui, cela faisait entièrement partie du plan dès la conception, c’était très étudié. Mes parents n’ayant pas beaucoup d’argent, j’ai commencé à travailler très tôt dans le monde de la musique, de la cuisine, ce qui m’a inévitablement rapproché de l’univers du clubbing. Quand j’ai voulu lancer ma carrière d’entrepreneur, je me suis rendu compte très rapidement des nombreuses contraintes et réglementations dans le monde de la nuit. C’est de là qu’est née l’idée de créer un espace de liberté, où la musique peut résonner plus fort, et où les gens peuvent se laisser aller.

Pouvez-vous me parler d’un autre moment de votre vie où vous avez pu ressentir cette même liberté inconditionnelle ?

L.R. : C’était l’été, il y a 15 ans, lors d’une traversée avec mes enfants Arthur et César, ils étaient très jeunes. Je leur ai appris à conduire des buggys, et nous sommes partis de Jericoacoara jusqu’à Recife au Brésil sans jamais quitter les plages. On attendait les marées, on traversait les rivières et cela pendant 2 mois. C’était la liberté totale. On dormait sur le sable, c’était magique.

Vous avez ouvert un hôtel cette année ?

L.R. : Oui, un hôtel Folie Douce à Chamonix dont mon fils Arthur est associé avec moi. Ça marche très bien, d’ailleurs nous pensons en ouvrir plusieurs, toujours dans le même esprit de fête/cabaret façon Folie Douce. L’avantage, c’est qu’on peut faire absolument ce qu’on veut dans un hôtel. Le mot d’ordre c’était 2000, 3000 personnes qui s'amusent. Je ne voulais pas créer un après-ski avec des nuisances. [...]

Vous avez une forme incroyable. Un secret ?

L.R. : (Rires) Il faut faire un peu plus attention qu’avant. On peut quand même s’amuser et faire la fête, mais avec plus de respect, et plus de recul. Par ailleurs, un peu de sport aide énormément si on veut encore profiter de ce monde-là....

Pour en savoir plus :

Se rendre dans les Alpes-Mont Blanc