Sam Stourdzé, le langage de l’exposition

Par Julie Rovero-Carrez | Publié le : 12 juillet 2016
  • Portrait Sam Stourdze

    Portrait Sam Stourdze

    © Christian Lutz - Agence Vu

  • Les Rencontres Photographiques d'Arles

    Les Rencontres Photographiques d'Arles

    © Anne Fourès - Rencontres d'Arles

  • Les Rencontres Photographiques d'Arles

    Les Rencontres Photographiques d'Arles

    © Lucie Desgigot - Rencontres d'Arles

Sam Stourdzé, le langage de l’exposition Place de la République 13200 Arles fr

« La photographie a beaucoup de choses à dire sur le monde qui nous entoure. » Voilà 20 ans que Sam Stourdzé conçoit des expositions, imagine des scénographies et des scénarios au service de la photographie et, bien-entendu, des publics. Depuis 2 ans, il est à la tête des Rencontres d’Arles, un festival emblématique qui fêtera bientôt ses 50 ans d’existence !

 

Mon histoire

« A 20 ans, je suis tombé sur un livre de 1958 Les Américains du photographe suisse Robert Frank. La photo m’est alors apparue comme une évidence. Très vite, j’ai souhaité être commissaire d’exposition, je voulais être dans l’action. Alors je suis parti à l’aventure et j’ai proposé mes projets aux institutions. J’ai été ainsi 12 ans commissaire indépendant : j’ai notamment travaillé sur une exposition intitulée Le cliché-verre de Corot à Man Ray. C’est une technique intéressante, entre la photographie et la gravure, réutilisée par les Surréalistes. J’ai été pensionnaire de l'Académie de France à Rome - probablement mes plus belles années ! - où j’ai étudié les relations entre la photographie et le cinéma, notamment à travers Chaplin ou Fellini (La grande Parade au Jeu de Paume en 2011). Monter une exposition, c’est déployer un langage visuel, un langage spatial. Lorsqu’on m’a proposé la direction du Musée de l’Elysée à Lausanne en 2010, c’était pour moi l’occasion de proposer une ligne, une vision globale et aussi de donner à d’autres l’opportunité de s’exprimer. Il faut développer un écosystème mais aussi savoir susciter l’intérêt du public. Peu de lieux auraient pu me faire quitter Lausanne… jusqu’à la proposition d’Arles !

 

Les Rencontres d’Arles : photographie à l’échelle d’une ville

« Je connaissais bien les Rencontres d’Arles : je suis visiteur depuis 20 ans et j’y ai monté des projets en tant que professionnel. » Fondé en 1970, le festival annuel de photographie Les rencontres d’Arles est né de l’association du photographe Lucien Clergue, l’écrivain Michel Tournier et l’historien Jean-Maurice Rouquette. Présentées dans toute la ville, ces expositions d’artistes internationaux confirmés ou émergents viennent à la rencontre d’un public qui découvre également à cette occasion des lieux inédits. « Après avoir travaillé à l’échelle d’un bâtiment, le festival me permet d’exploiter une ville entière : 20 lieux sur 25 000 m², c’est un grand coup d’éclat ! » Depuis presque 50 ans, de prestigieux directeurs et commissaires d’expositions se sont succédés et de grands noms de la photographie y ont présenté leur travail (Sebastião Salgado, Raymond Depardon, Pierre et Gilles, Robert Doisneau, Cindy Sherman, Peter Lindbergh, JR, Richard Avedon, Nan Goldin, Roni Horn, Martin Parr, Robert Mapplethorpe, Hiroshi Sugimoto, Stéphane Couturier, Charles Freger, Daido Moriyama…). « En arrivant en 2014, j’ai d’abord ressenti un grand respect pour ce qui avait été fait : de l’énergie, du dynamisme et un vent d’impertinence. Il ne s’agit pas de réinventer mais de construire sur une aventure qui marche et, modestement, essayer d’aller encore un peu plus loin ! »

 

L’Editions 2016 : la surprise pour mot d’ordre !

Cette 47ème édition des Rencontres d’Arles promet encore bien du plaisir et de l'inattendu. Très attaché aux synergies, Sam Stourdzé s’est appliqué à faire dialoguer les disciplines, le cinéma bien entendu – avec notamment une thématique sur le Western camarguais –, mais aussi l’écriture avec des lectures-performances au sein d’expositions.

Le directeur cherche cette année à mettre l’accent sur la notion de photographe en tant que raconteur d’histoire. « Les photographes sont des explorateurs qui nous embarquent dans leur récit et racontent à leur manière leur histoire. » Cette année, une résidence a également été proposée pour la première fois à un artiste afin d’aider la jeune création : Stéphanie Solinas a travaillé sur la question du territoire en revisitant le site ex-Lustucru (entreprise française spécialisée dans les pâtes et le riz : son usine de Camargue a fermé suite à une inondation) et sa cathédrale de métal signée Gustave Eiffel en 1906.

 


Son ADN : diffusion et transmission

3 mots pour définir les Rencontres d’Arles

 « Equipe – public – artiste… dans n’importe quel sens, l’un ne fonctionnant pas sans l’autre ! Ma mission doit rendre compte d’une scène artistique mais également jouer le rôle de médiateur entre les artistes et le public »

Pour faciliter cette rencontre, le directeur et son équipe ont imaginé un projet à plusieurs niveaux de lecture avec une exposition centrale plus grand public et des expositions satellites permettant d’approfondir le propos.

Parallèlement, un grand travail de réseau a été mis en place pour permettre une plus belle visibilité notamment avec les grands événements de l’été à proximité : le festival international d'art lyrique d’Aix-en-Provence et le festival d’Avignon. « Nous souhaitons accentuer les relations existantes afin de créer une vraie dynamique collective dans la région ! »

Ma région

3 mots pour qualifier la région ? « Soleil, couleur, rencontres

L’ambiance dans la ville pendant cette période ? « Folie, fêtes et photographie ! »
Une odeur ? « Celle des jasmins en fleur au printemps »
Un bruit ? « Celui des deux mouettes perchées sur une tour du XVe siècle qui me réveille chaque matin. C'est mieux qu'un coq... »
Un goût ? « Celui de la tapenade avec un petit verre de rouge... »
Une vue ?  « Depuis la terrasse de la Fondation Van Gogh sur les toits d'Arles. Les toits d'Arles c'est une merveille. Tellement beaux que les Chinois les ont copiés et reproduits dans une ville chez eux ! »

Mes adresses

Un gastro ? « Chez Rabanel. Côté gasto, L’Atelier, c'est long et bon, côté bistrot, A Côté, c'est juste bon ! »
7, rue des Carmes, 13200 Arles
+33 4 90 91 07 69

Un bistrot ? « Le galoubet, une institution ! »
18 Rue du Dr Fanton, 13200 Arles
+33 4 90 93 18 11

Pour prendre un verre ? « Dans le lieu le plus incroyable de l'été. Le Ground Control, juste à côté de la gare. Un lieu éphémère dans une friche industriel ouvert du 4 juillet au 25 août »

Un lieu pour se cultiver ? « Les 40 expositions des Rencontres d'Arles ! Mais faites un détour par le musée de l'Arles antique, c'est un musée magique. »

Un lieu shopping ? « Chez Arlette. La plus belle sélection de Riviera... »
3, rue de la Liberté, 13200 Arles
+33 6 74 44 39 77

Un lieu pour se ressourcer, rêver, errer ? « La ville entière est une invitation à la flânerie. Mais celui qui découvre le cloître Saint-Trophime au détour de sa visite, restera marqué à jamais... »

 

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