Black Box Revelation: « Le public français est cool »

Black Box Revelation: « Le public français est cool »

Ce mercredi 21 juin, la France vivra au rythme de la 36e édition de la Fête de la Musique. Le moment idéal pour évoquer la « France musicale » avec Jan Paternoster, chanteur et guitariste du groupe de rock belge
The Black Box Revelation.

Connaissez-vous la Fête de la Musique,
et que ferez-vous le 21 juin ?

Le 21 juin, c’est l’anniversaire de mon père, il aura 60 ans. On le fête en famille et en plus, c’est le plus long jour de l’année. Mais je pense qu’on s’est déjà produits à l’occasion de la Fête de la Musique, parce qu’on a déjà joué un peu partout en France, en fait.

Black Box Revelation in Frankrijk

Quel est votre meilleur souvenir de la France ?

On a souvent joué dans de grandes salles. La dernière tournée, on l’a faite avec Ghinzu, c’était il y a deux ou trois ans. On faisait la première partie. Ensuite, on a joué dans beaucoup de salles : toujours des salles de plus ou moins 2.000 personnes qui affichaient systématiquement complet. Super cool, bonne ambiance. Plus on descend dans le sud, plus il y a d’ambiance, je trouve.

De quelle salle ou ville vous souvenez-vous en particulier ?

Je ne sais pas vraiment. Marseille était vraiment cool. Peut-être à cause de l’ambiance méridionale : il faisait beau, on profitait des terrasses avant le spectacle, il y avait beaucoup de monde en rue et il y avait de bons apéritifs (rires). À Thionville aussi, l’ambiance était du tonnerre. À Montpellier, même chose, c’était super : beaucoup d’étudiants, ville sympa. En France, on a également participé à de nombreux festivals, comme Papillons de Nuit et Les Eurockéennes. On a déjà joué aux quatre coins de la France, c’est hyper agréable. De Brest en Bretagne jusqu’à Grenoble, où on a aussi atterri dans un festival. C’est là qu’on se rend compte que la France est vraiment grande.

Black Box Revelation in Frankrijk

Vous avez remarqué de grandes différences
entre les régions ?

C’est clair. Là où on passe le plus souvent, c’est la région avec toutes les cigognes, tout près de la frontière avec la Suisse. C’est génial de voir que plus on roule, plus le paysage change. Le nord reste quand même industriel, un peu comme en Belgique, mais on passe par de chouettes petits villages, on voit des châteaux au loin et on découvre de beaux panoramas.

En mars, vous avez joué à l’Alpe d’Huez, c’était comment ?

Extra ! C’était la première fois que je remontais sur des skis depuis mes 12 ans. Cela fait 10 ans que StuBru nous demande de participer à Snowcase et j’ai refusé pendant 10 ans, car je pensais que je n’étais plus capable de skier. Mais j’ai eu une monitrice de ski géniale, j’ai suivi des cours pendant trois jours et du coup, je me suis vite remis dans le bain. Cela dit, je n’ai fait que des pistes bleues et une fois une rouge, mais je l’ai quand même trouvée un peu trop raide (rires).

Les festivals en France peuvent-ils être comparés aux festivals belges ?

Ils sont beaucoup plus grands. Bon accueil, très grands podiums, et toujours de bons repas. On sent que les Français sont vraiment des carnivores. On ne trouve pas vraiment de plats végétariens. Ces gens aiment profiter de la vie. On a un jour joué au Bikini à Toulouse, Jon Spencer (Blues Explosion) y jouait aussi, et c’était vraiment la meilleure nourriture de tout le pays. Un gros steak, des salades super bonnes en accompagnement et un pain divin, c’est à ça qu’on voit que les Français sont des épicuriens (rires). Et ils ont bien raison !

Et le public français, qu’en pensez-vous ? Y a-t-il des similitudes avec le public belge ?

(Il réfléchit) Cela varie vraiment d’une ville à l’autre. Je trouve que le public français n’est pas vraiment différent du public belge. Dans les endroits où le climat est meilleur, les gens rigolent plus et sont plus exubérants quand ils vont à un concert. Il y a automatiquement plus d’ambiance et il faut moins en faire que dans certaines régions du nord.

Black Box Revelation in Alpe D'huez

Il y a donc une différence assez nette entre le nord et le sud du pays selon vous ?

Quoique, vous avez aussi… Paris, par exemple. On voit que là-bas, ils sont habitués aux super bons groupes. On a parfois l’impression que le public se sent un peu trop à l’aise, du genre : « Et si on allait se voir un petit groupe ? ». Du coup, le groupe doit encore plus faire ses preuves, parce que le public est habitué à avoir une véritable qualité de musique. C’est un public exigeant, en quelque sorte. Mais une fois qu’ils sont dans l’ambiance, ils sont super cools !

Dans quelles salles avez-vous déjà joué à Paris ?

La dernière fois, c’était au Point Éphémère, c’était vraiment bien. Puis au Nouveau Casino, c’était super aussi, comme au Bataclan.

Une dernière question : si je vous dis « musique » et « France », à quoi pensez-vous ?

Quand j’entends le mot France, je pense plutôt aux chansons de variété qu’au rock‘n’roll. Quand on écoute la radio en France, on remarque vite qu’une chanson sur deux est française. Là-bas, le marché est aussi beaucoup plus important, évidemment. Il serait difficile de faire la même chose en Belgique, sinon il y aurait beaucoup de mauvaise musique à la radio (rires). Mais on sent bien que la musique du terroir est très importante pour les Français.